Madame Ordinaire

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Voilà, c'est fini...

Voilà, c'est fini...

Voilà, c'est fini...

Est-ce que l'on me croira si je dis que ces mots déambulaient dans ma tête il y a tout juste une semaine?
"Voilà, c'est fini..."
Est-ce que l'on me croira si je dis que j'avais un poids sur la poitrine durant toute cette terrible journée?

C'était il y a une semaine mais il me semble que c'était hier... Ou peut-être alors le mois dernier?

Les derniers jours passés auprès d'elle tournent en boucle dans ma tête.
J'entends encore sa voix, je la revois assise à table en face de moi et j'ai parfois l'impression qu'elle est auprès de moi tant sa présence est évidente.

Il y a ce sentiment d'abandon, ce mélange de culpabilité et de désespoir qui fait que la douleur de l'absence soit indescriptible... On se rend compte de la valeur d'une vie uniquement lorsqu'elle nous échappe.

J'ai si longtemps redouté ce jour où je serais confrontée au départ d'un être cher que j'avais tenté de m'y préparer. À quoi bon? C'est maintenant que je m'aperçois de cette triste réalité: nous ne sommes jamais prêts. Si seulement nous pouvions le savoir à l'avance, peut-être qu'il nous serait plus facile de dire avec des mots, avec des gestes, avec de simples attentions à notre entourage combien sa simple existence nous est essentielle. On ne dit jamais assez à nos proches combien nous les aimons.
Les mots "trop tard" et "plus jamais" sont si violents dans ces moments là... Ils sont ce mur qui devient soudain infranchissable, cette barrière qui ne s'ouvrira malheureusement plus jamais...

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Ma chère Maman,

Si tu savais comme tu vas me manquer, comme j'ai peur d'oublier les détails de ton visage, la douceur de tes gestes et la tendresse de tes mots.
Tous les jours n'ont pas été faciles et j'aurais tant de regrets à exprimer... Ce qui m'importe aujourd'hui et ce qui restera à tout jamais, c'est cette partie de toi que je porte en moi. Tout ce que tu m'as appris, tout ce que nous avons partagé, tous ces précieux souvenirs qu'il est aujourd'hui si douloureux de remémorer. Je ne veux  rien oublier, je veux pouvoir te raconter encore et encore à tes petites-filles qui me demandent quand est-ce que nous irons te voir... 

Que ton repos soit infiniment doux... Je t'aime Maman.

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Ce billet est le premier que j'écris qu'elle ne lira pas et c'est avec une tristesse immense que je l'ai écrit. J'avais besoin de mettre des mots ici sur ce que vit ma famille actuellement.

Il y a la vie qui court, mes filles qui chantent, le jour qui se lève et le vent qui souffle, les pages du calendrier que l'on tourne, les notes de musique qui s'enchaînent pour nous entourer d'une mélodie qui nous pousse à avancer, à continuer à vivre malgré ce poids invisible qui s'est déposé sur nos épaules...

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