Madame Ordinaire

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Sortir, ne pas réfléchir

Sortir, ne pas réfléchir

Sortir, ne pas réfléchir

Après un choc tel que celui vécu par ma famille dernièrement, je me demande à partir de quel moment on peut faire semblant de reprendre une vie "normale".
Plus rien ne peut être normal alors dans quelle mesure pouvons-nous feindre de ne plus être affecté par le deuil?

Lorsque je sors et que je parviens à profiter de moments agréables, je porte en moi un sentiment de culpabilité bien difficile à identifier...
Ai-je le droit de profiter ainsi alors que plus rien ne sera jamais comme avant? 

Un passage chez le coiffeur, une poignée de centimètres en moins et l'illusion d'avoir laissé quelques grammes de chagrin dans le bac à shampoing. Un repas à la terrasse d'un restaurant, savourer les derniers rayons de la saison et penser inévitablement que le temps nous échappe. Une promenade en ville, au bord de l'eau ou au marché du coin. Marcher dans ces endroits où elle m'a si souvent accompagnée et faire en sorte d'écarter ce voile de nostalgie qui entoure mes journées...

Est-ce que si l'on me voit rire à nouveau on va penser que j'ai déjà tourné la page?
Est-il est acceptable de ne pas montrer combien la peine monopolise mon attention, combien son absence m'empêche de respirer normalement?

Tout semble s'être arrêté le jour où. Les pages de mon agenda sont vierges, l'appareil photo n'a pas immortalisé le moindre instant de mon quotidien, les papiers s'accumulent et la liste des obligations ne cesse de s'allonger.
Mais que restera-t-il de ces journées de transition, de ces semaines où l'on se contente d'encaisser le coup avant de retrouver un semblant d'équilibre?

Sortir, ne pas réfléchir
Sortir, ne pas réfléchir

Malgré une peine immense et l'envie de parfois tout envoyer valser, la rage de vivre et de se battre pour avancer est bien plus forte que toutes ces vagues de souvenirs qui me transportent bien loin dans le temps... 

Sortir pour contempler tout ce qui ne change pas, voir la vie indifférente à nos larmes et se dire que ça va aller, que l'on va y arriver. Sortir pour ne pas réfléchir aux conflits restés en suspens, sortir pour échapper aux mots maladroits et aux attitudes déplacées.
Sortir pour éviter de réfléchir.

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