Madame Ordinaire

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Bien punir ses enfants (Ou pas)

Bien punir ses enfants (Ou pas)

Il y a de nombreux sujets dans la Blogosphère des Mamans qui suscitent débats et polémiques. Je pourrais citer l'allaitement, le cododo, le portage ou encore le sommeil mais je suis certaine que bien d'autres discussions pourraient provoquer d'aussi longs (et non moins riches) échanges.

Je viens aujourd'hui ajouter mon grain de sel à tout ça en abordant le sujet de la punition car j'ai moi-même commencé à y réfléchir après avoir lu certains billets publiés sur le blog des Vendredis Intellos.


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C'est la lecture d'un article paru dans le magazine Psychologies au mois d'Avril 2006 (presque un collector) écrit par Édourad Caupeil et intitulé "Bien punir ses enfants" qui m'a inspiré cette courte réflexion du jour.

Limites


Les notions que j'avais de la question jusqu'alors me disaient que la punition n'engendrerait que haine, vengeance, mépris, culpabilité et dévalorisation (voir article écrit par Vaalos, lien en fin de billet). C'est en effet cet éventail de sentiments que j'ai pu ressentir lorsque dans mon enfance j'ai connu l'expérience de la punition. Une frustration immense, une impression d'injustice et la volonté terrible de me venger de mon "punisseur".

 

En y réfléchissant bien, je me suis donc interrogée sur mon rapport à la sanction
Je m'explique: j'ai été "punie" récemment pour avoir enfreint le code de la route en dépassant la limite de vitesse autorisée sur une autoroute.

Qu'ai-je donc retenu de cette amende qui m'a coûté 150 € et qui a amputé sérieusement le budget de mes vacances?
--> À surveiller davantage les radars, à contourner l'interdit tout en ayant parfaitement conscience de l'objectif fixé par la limitation.

 

Tout comme le dit Sandrine du blog S comme C, la punition servirait à faire respecter l'ordre établi mais n'implique pas une dynamique de changement ni de réflexion chez la personne (l'enfant) puni.

L'article du magazine Psychologies décrit la punition comme étant "la meilleure façon de poser les interdits". Cela signifie donc que les interdits sont posés mais que la menace de la punition ne suffit pas toujours à les faire respecter.

 

"L'éducation repose sur un système de règles qui doivent permettre à l'enfant de comprendre la différence entre ce qui est autorisé et ce qui est interdit et, par extension, entre le bien et le mal. Or une règle n'en est une que si elle est assortie d'une sanction en cas de transgression" (Patrick Traube, psychologue).

 

N'y aurait-il donc pas d'autre solution que celle de sanctionner systématiquement le moindre écart de conduite? Sommes-nous donc obligés en tant que parents de recourir à des sanctions ou autres privations pour faire respecter l'ordre que nous avons établi?

 

"À tout âge, les privations sont les sanctions les plus efficaces. Il faut viser des activités stériles (télé, jeux vidéo, sorties...) et non celles qui lui permettent de s'épanouir ou qui lui sont vitales (sport, art, nourriture)."

 

Chez nous, je ne peux pas dire que la punition n'existe pas (ce serait trop beau). Il y a certains principes sur lesquels nous sommes tombés d'accord avec Mr Ordinaire et nous faisons en sorte que la punition reste rare car je doute fortement que cela soit le seul moyen de se faire entendre. 
Pourtant il est bien difficile de ne pas se laisser guider par les conseils (bienveillants certes) que l'on reçoit et qui viseraient à appliquer aujourd'hui des méthodes dignes d'une époque révolue. Il est bien difficile également d'adapter notre comportement lorsque la fatigue nous pèse, les obligations nous étranglent ou le comportement de nos enfants se trouvent complètement à l'opposé de celui auquel nous avions essayé de nous préparer.

Le plus difficile, selon moi, est de trouver un juste équilibre qui nous permette de poser les règles qui nous sont essentielles sans pour autant être obligés de nous raccrocher au chantage ou à la menace de la punition / sanction pour les faire respecter. Sacré programme!!

 

"Le seul mot de punition sonne mal: avec ses relents d'autoritarisme, il nous ramène des décennies en arrière, quand fessées, claques, voire coups de martinets volaient pour presque rien. C'était l'éducation à la dure, héritage d'une tradition séculaire n'accordant à l'enfant aucun droit, seulement des devoirs d'obéissance aveugle".

 

Pour conclure, je suis en partie d'accord avec la fin de l'article qui affirme que pour qu'une sanction soit utile, il faut qu'elle conduise l'enfant à une responsabilisation. L'enfant qui salit devrait aider à nettoyer, l'enfant qui casse devrait aider à ramasser, etc... Je dis en partie car il ne me semble pas que cela soit une punition dans le sens qu'on lui connaît mais plutôt une façon d'aider l'enfant à prendre conscience des conséquences de ses actes. Il ne me reste plus qu'à chercher et trouver comment conduire au mieux mes filles sur cette voie car de leur côté elles perçoivent cela comme une véritable punition!  

 

"Éduquer c'est responsabiliser" 

 

À lire également:

Punir, ça sert à quoi? par Sandrine

Communication épanouie: Critique de la punition (Vaalos)

 

Alors punir ou pas, quelle est votre position sur la question?

 

 

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