Madame Ordinaire

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Et si on disait...

Et si on disait...

Et si on disait...

C'est probablement le jeu du moment, leur passe-temps favori entre quelques dessins ou deux parties de cache-cache. Malgré les fêtes de Noël et l'accumulation de cadeaux au pied du sapin, elles n'ont besoin de rien pour s'occuper pendant des heures ensemble. Elles s'inventent des histoires, imaginent leur décor et se créent leurs propres personnages aux pouvoirs sans limites.
"Et si on disait..."
Pour moi qui ne suis que spectatrice de leur monde irréel, c'est une bouffée d'innocence dans laquelle je m'évade en silence.

Les évènements de la semaine dernière en France ont fait s'effondrer cette part d'insouciance que j'avais précieusement conservé pendant toutes ces années passées à grandir et à construire ma vie d'adulte.

Je suis née en France, j'ai reçu en héritage des valeurs pour lesquelles je n'ai pas eu à me battre, des piliers dont les acquis me paraissaient inébranlables. Je ne me suis jamais posé la question de savoir si je me sentais en liberté dans notre pays, cela me semblait tellement évident. J'ai toujours été fière de notre douce France et de son rayonnement à travers le monde, surtout lorsque mon parcours m'a conduite à l'aimer malgré la distance. 

J'ai été bouleversée par les actes de barbarie commis durant les derniers jours, par les comportements que je ne parviens pas à comprendre et qui me dépassent complètement.
Je n'avais jamais été submergée par une telle émotion face aux évènements de l'actualité.

Je me souviens du 11 septembre 2001 lors de l'attentat contre le World Trade Center, du 11 mars 2004 lorsque les bombes ont tué près de 200 personnes à Madrid, du 7 juillet 2005 lorsque les bombes ont tué plus de 50 personnes à Londres.
Je me souviens de cet hôtel à Islamabad, de Kaboul, de Sydney, de la Syrie...

Ces jours-ci j'ai eu honte de m'être moins sentie concernée lorsque ces actes odieux se sont produits hors de nos frontières. Chaque jour des horreurs sont commises dans le monde et c'est comme si j'y étais devenue insensible, comme si tout cela ne pouvait pas m'atteindre.

Hier j'ai marché et même si j'ai préféré marcher dans un autre endroit que celui où l'on brandissait des pancartes, je n'ai pas cessé de penser à toutes les victimes de ces derniers jours, à leurs familles et à ce monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.

Et si on disait que l'Humanité avait le pouvoir de changer, que la tolérance et la fraternité pouvait ne plus nous quitter, que nos enfants n'auront pas à se battre pour conserver les droits que nous leur avons transmis?
Et si on se rappelait que le respect de l'autre passe avant la religion, les croyances ou les idéaux politiques?

Je suis profondément humaniste et je souhaite sincèrement que chacun d'entre nous puisse mesurer l'importance des moments que nous avons vécus, que cette unité qui a poussé les français à se rassembler puisse ne pas nous quitter...

Et si on disait...
Et si on disait...

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