Madame Ordinaire

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Les sentiers de l'Aber

Les sentiers de l'Aber

Les sentiers de l'Aber

Ce ciel parfait n'aura duré qu'une seule journée mais peu importe, nous en avons profité du lever jusqu'au coucher du soleil. Il faut croire que le sentier côtier de l'Aber Ildut nous était réservé car malgré ces rayons inattendus en cette saison, nous étions seules à vagabonder au bord de l'eau.

Le courant nous indiquait que la marée était descendante, les demoiselles se réjouissaient de récupérer quelques bâtons éparpillés par le vent et je me demandais par quel miracle ma mémoire avait ainsi conservé intacts les souvenirs des promenades de mon enfance. Sans avoir aucun effort à faire, je retrouvais les venelles et les passages secrets. Je riais alors de les voir courir devant moi car je savais qu'il n'y avait là aucun danger, rien à éviter ou même à anticiper.

À travers leur enthousiasme pour découvrir ce sentier jalonné de cachettes, de marches à gravir, de talus à franchir ou de raccourcis qui mènent directement sur le sable et les cordages des bateaux, je retrouvais cette insouciance caractéristique de l'enfance, ce plaisir immense que l'on ressent lorsque l'on savoure pleinement l'instant présent.

Les sentiers de l'Aber
Les sentiers de l'Aber
Les sentiers de l'Aber
Les sentiers de l'Aber
Les sentiers de l'Aber
Les sentiers de l'Aber
Les sentiers de l'Aber
Les sentiers de l'Aber

J'avais déjà parlé de cet endroit où j'ai grandi dans un précédent billet mais cette nouvelle balade était si agréable qu'il me fallait en garder une trace ici.

Enfin je ne résiste pas à citer un extrait du "Dictionnaire amoureux de la Bretagne" écrit par Yann Queffélec que je lis en ce moment. Qui mieux qu'un écrivain ayant connu l'Aber dans son enfance pour parler à ma place de ce lieu si cher à mon cœur?

À mes pieds l'océan, une luisance d'acier. Je vois la tourelle rose du Lieu, le piquet noir de la Pierre de l'Aber, le cormoran perché sur la balise tordue, le glacis miroitant du chenal du Four, je vois à l'horizon Ouessant, Molène, Lityri, les trois îles de l'Ouest qui préludent au couchant. Ma vie d'enfant tient tout entière entre ces îles et le carnet bleu santal où je hasarde ces premières impressions. Mer d'huile, crépuscule sans vent, sans voix hormis l'appel défaillant d'une bouée quelque part.

Yann Queffélec, "Dictionnaire amoureux de la Bretagne"

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